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Sérail: Voici comment Paris a orchestré l’arrestation de Maurice Kamto

Sérail: Voici comment Paris a orchestré l’arrestation de Maurice Kamto

Sérail: Voici comment Paris a orchestré l’arrestation de Maurice Kamto

En 1955, la France avait ordonné l’arrestation d’Um Nyobe car celui-ci revendiquait l’indépendance du Cameroun. Le serviteur Ahidjo s’était alors exécuté. En cette année 2019, c’est encore Paris qui a décidé de l’arrestation de Maurice Kamto et son serviteur Paul Biya s’est exécuté car Maurice Kamto s’est engagé dans une résistance face à l’oppression, en se mettant auprès de ses concitoyens. Nous verrons si les Camerounais de 2019 sont les mêmes que ceux de 1955 !

Il est bien de nous focaliser sur les évènements chauds qui marquent le cheminement de notre grande nation, comme l’arrestation de Maurice Kamto. Il est encore mieux de le faire sans ménager l’effort de dépoussiérer les décombres de notre histoire, afin de laisser découvrir les dessous des cartes.

Nous avons coutume de répéter que tous ceux qui se trouvent en prison au Cameroun pour des raisons politiques le sont soit par ordre de Paris, soit par le zèle de ses gouverneurs avec une motivation bien notifiée au maître, justifiant de la sauvegarde des intérêts de ce dernier. Et cela est valable non pas seulement pour le Cameroun, mais pour tous les pays utilisant le Franc CFA.

Il est inutile de s’étendre sur ce qui est considéré comme une évidence pour ceux qui suivent l’actualité de la France-Afrique. Brièvement il faut rappeler simplement que le FCFA, notre monnaie, est une propriété exclusive de la France. C’est-à-dire que tous les gouverneurs de la France Afrique ont un chéquier dont le signataire est la France. Autrement dit, tous les mouvements financiers, physiques, et même coquins de ces serviteurs sont contrôlés pour être sûr que cela rende service à la France.

Ces serviteurs n’ont pas l’autorité pour nuire, encore moins arrêter un concitoyen qui est au service de la France. Ce genre d’acte peut provoquer une fureur démesurée du maitre des lieux. Ainsi en Côte d’ivoire, sans même aller jusqu’à mettre Soro et Ouattara en prison, Laurent Gbagbo a osé refuser l’ordre de Paris et nous avons pu assister au braquage de la banque de France de Bouaké, au retrait de la signature de la Cote d’ivoire à Gbagbo, au bombardement de la présidence, et finalement à l’arrestation, l’humiliation et l’emprisonnement de Laurent Gbagbo.

Voilà, s’il fallait que j’y ajoute d’autres arguments, je dirais que frappé de surdité, je n’ai pas encore entendu une réaction de Paris par rapport à cette arrestation. Je vous supplierais donc de me tenir au courant de la réaction de ce pays qui avait donné des résultats de l’élection présidentielle avant son déroulement.

En 1955, la France avait ordonné l’arrestation de Um Nyobe car celui-ci revendiquait l’indépendance du Cameroun. Ahidjo, le serviteur d’alors s’était exécuté. Il est très facile de constater que les Camerounais n’ont pas renoncé à leur indépendance. Et Maurice Kamto s’est engagé dans cette résistance face à l’oppression, en se mettant auprès de ses concitoyens. Son arrestation n’échappe pas à cette logique, c’est Paris qui a décidé et son serviteur Biya s’est exécuté.

L’ambassadeur de France, le pays des droits de l’homme, sans aucune émotion face à cette atteinte très grave aux droits élémentaires d’un citoyen, a d’ailleurs donné des instructions dont nous ne connaissons pas la teneur, mais dont nous pouvons deviner les contours : si les Camerounais ne viennent pas le chercher, gardez le ou faites en ce que vous voulez. A moins que Paris ne comprenne que la roue est vraiment en train de tourner.

En tout cas, nous, les Camerounais sommes les seuls maitres de notre destin. Nous avons le choix de laisser répéter cette page noire de notre histoire et repartir dans une néo-colonisation d’au moins cinquante années, avant de pouvoir faire face à un pays en lambeaux vers les années 2070. Nous pouvons aussi choisir de tenir la tête haute et faire comprendre à la France et ses serviteurs que nous avons besoin d’une bonne respiration et cela passe forcément par un minimum de respect de notre dignité. Dans ces conditions, nous restons attentifs au soutien franc (et non à l’aide tronquée) de tous les peuples ou Etats qui sympathisent avec notre démarche.

Journaliste: cameroonvoice.com

Source: cameroon-news.net

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