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Cameroun – Nord: les mariages précoces et forcés, une équation difficile à résoudre  

Cameroun – Nord: les mariages précoces et forcés, une équation difficile à résoudre  

Cameroun – Nord: les mariages précoces et forcés, une équation difficile à résoudre  

Selon la délégation régionale de la promotion de la femme et de la famille pour le Nord, au moins 26% des filles de cette partie du pays continuent de subir les affres des pesanteurs socioculturelles qui ne favorisent pas leur émancipation.

Elles sont encore nombreuses en effet à subir le mariage précoce et forcé, selon l’Association de lutte contre les violences faite aux femmes. Cette pratique discriminatoire va crescendo en dépit des actions que mènent certaines organisations non gouvernementales et des nombreuses autres Associations.

Selon de nombreuses Associations, militants pour cette couche sociale, les causes des mariages précoces et forcés sont entre autres la pauvreté, la préférence du jeune garçon par rapport à la fille et la crainte des grossesses précoces.

S’agissant du premier facteur, la dépendance économique est l’élément déclencheur. Selon une étude menée par Dynamique citoyenne, un réseau national de suivi indépendant des politiques publiques et des stratégies de coopération au Cameroun, deux habitants sur trois vivaient avec moins de 300 FCFA par jour dans la région du Nord en 2018.

«Dans ce contexte, les parents ignorants pensent que la solution à leur misère passe par l’envoi des filles en mariage. Pour eux, envoyer la fille en mariage est comme se libérer d’un fardeau, notamment en ce qui concerne certaines charges liées à sa santé, à l’éducation et à ses autres besoins. C’est dont à ce niveau qu’advient la discrimination entre le garçon et la fille. Pendant qu’on contrait la fille au mariage précoce, qui dans la plupart des cas échouent, le garçon lui il continu sereinement ses études. La peur des grossesses précoces est à la base des mariages précoces et forcés», indique la coordonnatrice régionale de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes dans la région du Nord.

«Selon certaines croyances religieuses et des uns et cultures, la grossesse avant le mariage est perçue comme un signe de déshonneur pour les parents et une mauvaise éducation donnée à la fille. Cet acte, croit-on, peut avoir des conséquences sur le mariage des autres filles de la famille d’une part, et d’autre part peut les encourager à avoir une sexualité précoce qui est synonyme de grossesse précoce», renchérit  la coordonnatrice.

Le fléau des mariages précoces et forcés n’épargne aucune localité de la région. Cette gangrène sociale continue d’étendre ses tentacules. Néanmoins, dans certaines zones, on remarque la pratique n’a  pas encore atteint la coté d’alerte.

Toujours selon l’étude régionale sur les mariages précoces et forcés dans la région du Nord réalisée en 2019 par Dynamique citoyenne, Garoua  arrive en tête des villes les plus touchées par cette pratique avec 37,57%. Elle est suivie de Guider avec 23,56%, Lagdo avec 9,55 Figuil occupe l’avant dernier place avec 8,91% Ngonc avec 7% occupe le bas du classement.

Si Garoua et Guider  ont enregistré les taux les plus élevés des mariages précoces et forcés, il faut aussi relever que ces deux villes enregistrent le plus fort taux d’excision des filles dans la région.

Par Félix Swaboka à Garoua | Actucameroun.com

Source: actucameroun.com

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