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Voici Les vraies raisons des grèves répétitives à l’université de Ngaoundéré

Voici Les vraies raisons des grèves répétitives à l’université de Ngaoundéré

Voici Les vraies raisons des grèves répétitives à l’université de Ngaoundéré

Deux semaines déjà que ça dure. Les enseignants de la faculté des arts, lettres et sciences humaines (Falsh) de l’université de Ngaoundéré ont observé une cessation d’activités à partir de ce 11 mars. Ce, après avoir, une fois encore, pris le soin de saisir le doyen de la Falsh, pour dresser un « bilan et perspective de la cessation des activités académiques ».

«A l’issue de la phase de cessation des activités académiques (correction des copies de rattrapage, jurys des licences et Master, cours du semestre deux, encadrement des étudiants) du 04 au 07 mars 2019, le collectif des enseignants de la Falsh s’est réuni ce jour, jeudi 07 mars 2019 pour dresser le bilan des quatre jours et examiner la réaction des autorités académiques. Au terme des débats, le collectif constate : le taux d’observation de la cessation des activités académiques a été de 100% ; aucune autorité académique n’a approché le collectif pour une tentative de résolution des problèmes soulevés ; la publication dans les médias des déclarations de nature à jeter le discrédit sur la démarche entreprise par les enseignants de la Falsh.

Le collectif des enseignants de la Falsh condamne avec énergie ces déclarations peu responsables, l’attitude d’indifférence des autorités qui frise le mépris du corps enseignant et réitère l’exigence du paiement des frais de transport des missions de recherche pour la majorité des enseignants, frais de mission de recherche, examens, jurys/soutenances, encadrement des mémoires de Master et de thèses de Doctorat/Ph.D, heures complémentaires et doctorales. Au regard de tout ce qui précède, le collectif décide de reconduire la cessation des activités pour une période de 04 jours à compter de lundi 11 mars 2019. Au terme de cette deuxième phase, si aucune solution satisfaisante n’a été trouvée à ces revendications, le collectif envisage de saisir officiellement monsieur le ministre d’état, ministre de l’Enseignement supérieur », ont écrit 20 enseignants le 7 mars dernier.

Une correspondance déchargée le même jour à la Falsh. L’université de Ngaoundéré entre donc au panthéon de la plus tumultueuse de ses congénères, ces deux dernières années. « Ça ne va pas. Ce, à tous les niveaux. Au temps de l’ancien recteur, il y avait de problèmes, mais l’institution n’a pas autant connu la mauvaise publicité qui, pour dire vrai, s’appuie sur des faits réels. C’est inimaginable, n’est-ce pas ? Mais s’il faut, en réalité, mettre sur la place publique les dysfonctionnements de l’institution, ce sera une suite de scandales à n’en plus finir. Retenez juste que ça bouillonne en interne, nous nous regardons en chien de faïence », se confie une source.

Questions

Au moment où la grève des enseignants de la Falsh bat son plein, une grève de trop, la question est désormais de savoir : à qui le tour ? On aura déjà tout vu dans cette université en deux ans, des étudiants aux enseignants, en passant par les personnels d’appui qui ont tenu, chacun, à exprimer leur ras-lebol.

Sont-ce les finances de l’institution qui sont insuffisantes ou pas judicieusement gérés ? Seraient-ce les hauts responsables de l’institution qui sont totalement déconnectés des réalités de la base académique ? Ou alors ce sont les «contestataires» qui en demandent un peu trop ? En tout cas, à chaque fois, au moins deux mots sont usités chez les grévistes, toutes catégories confondues de l’université de Ngaoundéré, pour justifier leur «radicalisation» : «indifférence» et «mépris» de la part de la haute administration de l’université.

Le recteur Uphie Chinje Melo, elle, s’époumone à accuser la «manipulation» et à jeter l’anathème sur ces «manipulateurs» tapis dans l’ombre. Dans ce tunnel noir où jaillissent de mieux en mieux les étincelles de la contestation, ce sont les étudiants qui paient le lourd tribut dans leur quête de la connaissance.

« Nous avons débuté les cours tardivement. Jusque-là, seuls deux enseignants se sont déjà présentés. C’est pour qu’après la grève, nous soyons soumis à un rythme infernal, avec des cours approximativement dispensés », se lamente un étudiant de master 2 à la Falsh. Question: à la prochaine grève, même si personne ne la souhaite ? Mais avant la grève en cours, ce sont les étudiants de l’école des sciences et médecines vétérinaires (Esmv) de l’université de Ngaoundéré, qui ont commencé à observer des grèves. Ils ont été convoqués par le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur.

Cinq d’entre eux ont été conviés au ministère à Yaoundé, pour mieux faire leurs doléances. Cette convocation faisait suite à l’incident du 4 janvier dernier, où les étudiants grévistes ont bloqué l’entrée de l’université, empêchant toute circulation. Un acte consécutif au mot d’ordre de grève adressé au recteur, Uphie Chinje Melo. «Nous avons tenu plusieurs assemblées générales pour trouver des solutions à l’amélioration de nos conditions d’étude. Il est clair que notre administration et vous, avez fait du mieux que vous pouviez pour cela. Toutefois, les étudiants ont compris que le véritable problème à notre éducation, est le budget qui nous est alloué. Car nous avons un manque d’enseignants, de moyen de transport et même de cellule informatique ; ceci ne nous permet pas de faire un an un niveau.

A cet effet, les étudiants ont jugé nécessaire de faire un arrêt de cours d’une période d’un mois, c’est-à-dire du 04 février 2019 au 28 février 2019, le précédant mot d’ordre de grève n’étant pas levé jusqu’à ce que les problèmes ci-dessous soient résolus : retour des missionnaires qui, depuis, ne sont pas payés afin que les cours puissent s’achever ; arrivée des enseignants ; création d’une cellule informatique réelle au sein de notre établissement, ce qui faciliterait la publication des résultats ; payement des membres du jury pour les soutenances des 3e et 4e promotions ; un moyen de transport pour les travaux pratiques et cliniques mobiles. Si tout ceci est résolu, nous osons croire que tout ira pour le mieux », ont-ils écrit au recteur.

A peine «sortie» de cette grève, l’université de Ngaoundéré tombe à nouveau dans une nouvelle. En effet, les élèves de l’Ecole de Génie chimique et des industries minérales (Egcim), la dernière-née des écoles de l’institution, ont dressé une liste de doléances. Il s’agit de la « rectification des matricules, afin qu’on puisse payer nos droits universitaires. Nous voulons un matricule de 2018 et non celui de 2019. Dates exactes de début effectif des cours ; programme des unités d’enseignement ; répartition du temps restant de l’année académique 2018/2019 de l’Egcim.

Quelle peut être l’assurance que cette année en cours ne sera pas une année blanche, comme cela a été le cas avec l’école de météorologie de Kousseri ? Incertitude par rapport au stage ; besoin du règlement intérieur de l’Egcim. Va-ton considérer les deux semestres ou un semestre ? », peut-on lire sur un document dont nous avons pu obtenir copie. Que se passera-t-il avec les étudiants l’Egcim ? Nul ne peut, pour le moment, aisément répondre au vu des multiples rebondissements qu’a connu les autres grèves.

Source: L’Oeil du Sahel No 1190

Source: cameroon-news.net

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